Immobilier d’investissement 2026 : ce que révèle vraiment la note BPCE Solutions immobilières

6,6 milliards d’euros ont été investis en immobilier d’entreprise en France au premier semestre 2026, soit une hausse de 9% sur un an. Mais derrière cette statistique flatteuse, la note de BPCE Solutions immobilières, présentée le 22 juillet au dîner du Club ESTP Immobilier, dessine un marché qui se réoriente en profondeur : la logistique et l’hôtellerie devancent désormais les bureaux parisiens dans les intentions d’achat des investisseurs institutionnels.

 

Graphique sur l’immobilier d’investissement en 2026

 

6,6 Md€ au S1 2026 : une reprise, mais sous conditions

 

Le marché français de l’investissement tertiaire, hors hôtellerie, a capté 6,6 milliards d’euros au premier semestre 2026, contre environ 6,1 milliards un an plus tôt, soit une progression de 9%.

BPCE Solutions immobilières assortit toutefois sa prévision annuelle de deux scénarios, un favorable et un défavorable, en rappelant que ces trajectoires restent susceptibles d’évoluer selon le contexte géopolitique. Une reprise réelle, donc, mais qui demande à être confirmée trimestre après trimestre plutôt que célébrée dès juillet.

 

 

Graphique sur l’immobilier d’investissement en 2026

 

Le deuxième trimestre a été marqué par la concrétisation, en mai, du portefeuille Proudreed : 2,2 millions de m² de logistique et de locaux d’activité, cédés à Blackstone et CPP Investments pour 2,3 milliards d’euros. À elle seule, cette opération rappelle que la logistique reste la classe d’actifs qui fait bouger les montants les plus considérables.

 

 

La logistique et les hôtels devancent les bureaux parisiens à l’achat

 

L’enquête menée par BPCE Solutions immobilières et le Baromètre MSCI auprès d’une trentaine d’investisseurs institutionnels, détenant 300 milliards d’euros de patrimoine à eux seuls, le confirme sans détour : la logistique et les locaux d’activité arrivent en tête des intentions d’achat 2026 avec 20%, suivis des hôtels (16%) et du résidentiel classique (14%). Les bureaux parisiens ne pointent qu’en quatrième position, avec 13%.

 

Où les investisseurs veulent ils acheter en 2026

Sources : Département Études et Recherche de BPCE Solutions immobilières, 39e édition du Baromètre MSCI / BPCE Solutions immobilières.

 

 

À l’inverse, quand on demande à ces mêmes investisseurs ce qu’ils souhaitent céder, les bureaux de première couronne arrivent en tête (18%), suivis des commerces (15%) et des bureaux parisiens eux-mêmes (14%). L’arbitrage se fait désormais actif par actif : un bureau parisien prime reste recherché, un bureau secondaire cherche preneur. La logistique, elle, ne fait quasiment l’objet d’aucune intention de vente (2%), preuve de la conviction des détenteurs actuels.

 

Où les investisseurs veulent ils vendre en 2026

 

Sur les commerces et la logistique locative, la note anticipe surtout de la stabilité : 68% des investisseurs jugent que la vacance des retail parks restera stable en 2026, et 77% tablent sur des loyers logistiques stables. Un marché qui mûrit plus qu’il ne s’emballe.

 

 

L’hôtellerie signe sa meilleure année depuis 2007

 

Autre surprise de cette note : le marché hôtelier a connu en 2025 sa meilleure année depuis 2007, avec des volumes trimestriels qui ont dépassé 3,5 milliards d’euros. Un chiffre qui tranche avec le discours ambiant sur un secteur fragilisé par les nouveaux usages du tourisme.

La cession du Pullman Paris Tour Eiffel, pour 430 millions d’euros, illustre cette dynamique : un actif emblématique acquis par un consortium mêlant promoteur, caisse des dépôts et assureurs. Une structuration à plusieurs, devenue la norme sur les tickets les plus lourds, même chez les acteurs les mieux capitalisés.

 

11,6% de vacance en Île-de-France, une moyenne qui cache l’essentiel

 

Le taux de vacance des bureaux en Île de France atteint 11,6% au deuxième trimestre 2026, contre 10,6% un an plus tôt (+96 points de base), porté par une offre immédiate en hausse de 25% à Paris intramuros. La demande placée, elle, affiche son niveau le plus bas depuis cinq ans, même si le seul T2 progresse de 8% sur un an.

 

 

Taux de vacance des bureaux en Île-de-France T2 2026

Sources : Département Études et Recherche de BPCE Solutions immobilières, Immostat

 

 

Cette moyenne francilienne masque des écarts considérables. Paris Centre Ouest résiste avec une vacance autour de 7,6%, quand le Péri Défense ou la première couronne nord dépassent 25%. Il n’existe pas un marché parisien, mais une mosaïque de sous marchés aux dynamiques propres.

 

 

Bordeaux et Toulouse n’ont pas à rougir face à Paris, mais pas au même rythme

 

Le marché locatif des bureaux en régions connaît, au premier trimestre 2026, un ralentissement de sa dynamique, dans la continuité d’une normalisation nationale après plusieurs années exceptionnelles.

Sur notre marché toulousain, les données du marché local confirment cette photographie à fin juin 2026 : le taux de vacance des bureaux atteint 5,0% (stock immédiat de 245 250 m² pour un parc de 4,85 millions de m²), en légère progression sur un an mais toujours nettement inférieur aux niveaux franciliens. Les locaux d’activités (3,8%) et les entrepôts (4,7%) restent, eux, sur des niveaux de vacance très contenus, preuve d’un marché qui absorbe correctement l’offre neuve.

À Bordeaux, l’OIEB dresse un tableau plus contrasté selon les secteurs à fin juin 2026. L’Hypercentre affiche une vacance de seulement 4,6%, l’Intérieur des Boulevards 3,6%, et Bordeaux intra-muros dans son ensemble 6,2%. Les écarts se creusent en périphérie : 10,6% sur le secteur Sud, 12,3% sur le secteur Ouest et jusqu’à 13,9% sur Euratlantique, pourtant vitrine du renouveau urbain bordelais. Ici, la vacance traduit moins un désamour des investisseurs qu’un afflux de livraisons neuves encore en cours de commercialisation, un phénomène mécanique plutôt qu’un signal d’alerte.

En réalité, les deux métropoles ne jouent pas dans la même cour depuis un moment : fin 2024 déjà, Bordeaux se situait au-dessus de la moyenne des 12 métropoles régionales françaises (6,5% contre 5,4%), quand Toulouse restait nettement en dessous (3,9%). Deux ans plus tard, l’écart s’est creusé plutôt que résorbé.

Notre décryptage complet, Toulouse et Bordeaux, est à lire ici.

 

Dans les deux cas, la note BPCE évalue à environ deux années l’absorption théorique de l’offre immédiate dans les principales métropoles régionales, rapportée à la demande placée sur douze mois glissants. Un indicateur qui traduit des marchés sains, loin des déséquilibres observés sur certains secteurs franciliens périphériques.

 

 

Résidentiel en bloc : -42%, sauf pour les résidences étudiantes

 

Le résidentiel en bloc confirme sa traversée du désert : les volumes investis chutent de 42% au premier semestre 2026, et aucune transaction supérieure à 50 millions d’euros n’a été enregistrée au deuxième trimestre.

 

Investissement résidentiel en bloc

 

 

Paradoxe : les résidences étudiantes affichent dans le même temps leur meilleure année historique en 2025, avec environ 1,47 milliard d’euros investis, soit huit fois plus qu’en 2024. Ce résultat s’explique en grande partie par une transaction de plus de 500 millions d’euros au T2 2025, ce qui rend la comparaison 2026 mécaniquement défavorable (-64%) sans traduire un désamour des investisseurs pour la classe d’actifs.

 

Résidences étudiantes la meilleure annee jamais enregistrée

Sources : Département Études et Recherche de BPCE Solutions immobilières, Immostat.

L’ESG s’impose (doucement) dans les grilles de sélection

 

Interrogés sur leurs critères de sélection d’actifs, les investisseurs institutionnels citent en tête l’impact environnemental de l’utilisation du bâtiment (24%), la rénovation des actifs en portefeuille (22%) et les caractéristiques de construction durable (20%). Seuls 3% déclarent n’accorder aucun impact à l’ESG, un chiffre qui aurait dépassé 50% il y a dix ans.

 

Critères ESG retenus dans la sélection d’actifs

Sources : Département Études de BPCE Solutions immobilières, 39e édition du Baromètre MSCI / BPCE Solutions immobilières.

 

 

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte réglementaire contraignant : le bâtiment représente 16% des émissions de gaz à effet de serre françaises, et la France vise une réduction de 50% d’ici 2030. Sur le foncier, l’objectif Zéro Artificialisation Nette pour 2031 ne devrait pas être atteint, un projet de loi de simplification adopté par le Sénat le 15 avril dernier étant venu assouplir le dispositif.

 

 

Les 4 transactions qui ont marqué le T2 2026

 

Les 4 transactions qui ont marqué le T2 2026

 

Ce que FIKA en retient pour vos arbitrages

 

Cette note confirme un mouvement de fond : les grandes catégories homogènes (« les bureaux », « le commerce ») ont vécu, l’arbitrage se joue actif par actif, avec une prime nette pour la qualité, la localisation et la performance environnementale. Pour Bordeaux et Toulouse, le signal reste favorable, à condition de savoir où se situe précisément votre actif dans cette nouvelle grille de lecture.

 

Graphique sur l’immobilier d’investissement en 2026

 

 

Sources

Immobilier investissement 2026 note bpce

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